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Cameroun : des chercheurs plaident pour une cible d’inflation de 8 ou 9% en zone Franc

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Une vingtaine d’experts et de chercheurs réunis à Yaoundé ont émis un avis favorable pour la révision de la cible d’inflation de 8 à 9 % contre 3% actuellement en zone Franc.

 

 

Pendant trois heures de temps, les parties prenantes ont débattu sous le thème : « Réfléchir sur les recommandations des politiques économiques fondées sur des données probantes pour améliorer l’efficacité de la politique monétaire en Afrique francophone ». Cette séance de travail a été initiée par le Nkafu Policy Institute, le think thank de la Fondation Denis and Lenora Foretia. Elle met en lumière les défis auxquels sont confrontées les économies de la zone franc et propose des pistes pour renforcer l’efficacité de la politique monétaire dans les pays qui utilisent cette monnaie.

 

D’après l’économiste Jean Cédric Kouam, plusieurs travaux montrent que la politique monétaire fait face à certaines limites. Notamment l’inopérabilité des mécanismes de transmission, le faible taux de bancarisation, ce qui fait que les décisions de politiques monétaires n’affectent pas la sphère réelle. « Par exemple, plusieurs travaux ont démontré que le taux d’inflation de 3% n’est plus compatible avec nos économies et qu’il faudrait se fixer un ciblage d’inflation de 8 à 9% », souligne le chercheur du Nkafu Policy Institute. Il invite les décideurs publics à prendre en compte les résultats des recherches qui reposent sur des données probantes et factuelles.

 

 

Le Pr Dieudonné Mignamissi, enseignant à la Faculté des Sciences économiques et Gestion à l’université de Yaoundé 2, Soa, propose quelques préalables incontournables à l’efficacité de la politique monétaire en zone Franc. Pour l’universitaire, le premier préalable est l’institution ‘’la Banque centrale’’, celle-là qui incarne la politique monétaire. « Elle doit être indépendante, prendre des décisions selon l’orientation de ses stratégies fondamentales sans être influencée par l’environnement politique », préconise Dieudonné Mignamissi. L’autre stratégie d’efficacité c’est de « penser à ouvrir l’éventail de stratégies ou des objectifs aux nouveaux instruments de politique monétaire, notamment, les instruments non conventionnels en temps de crise.»

 

« Globalement si la Banque centrale souscrit à ces exigences, on pourrait avoir une politique monétaire efficace. Sans oublier l’effort de communication régulier pour rendre ses actions crédibles et transparentes », ajoute l’enseignant.

 

La coordination des politiques

 

Dans une autre fenêtre, le Pr Dieudonné Mignamissi ouvre une parenthèse sur le rôle des Etats et des banques centrales pour rendre efficace la Politique monétaire. Ici, il souhaite que chaque entité reste à sa place. La banque centrale en charge de la politique monétaire et les politiques budgétaires reviennent aux Etats.

 

Pour que cette connexion soit pertinente, l’universitaire note qu’en union monétaire les pays doivent regarder dans la même direction. Bien que, les Etats ont des problèmes de crédibilité, d’endettement, qui parfois rentre en incohérence avec la banque centrale. Dans la zone francophone, les deux unions monétaires sont, en Afrique Centrale, la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) et l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine (UEMOA) en Afrique de l’Ouest. Elles ont en commun l’utilisation du Franc CFA.

 

 

Les participants ont également relevé dans le cadre de la discussion, que les banques centrales de la zone Franc, font face un certains nombres de contraintes structurelles et conjoncturelles. Ils invitent les décideurs à tendre vers une autonomisation plus accrue en se détachant davantage de cette tutelle coloniale. Pour les parties prenantes pour que les banques centrales donnent leur meilleur effet en termes de politique monétaire, il faudrait davantage qu’elles prennent en compte les revendications des populations à travers les politiques de gouvernement au niveau national

 

Le Dr. Charles Owona souligne l’importance d’une meilleure coordination entre les Etats et les banques centrales pour une efficacité accrue. Il met en avant la nécessité de politiques communautaires convergentes et d’une synergie d’action entre les Etats et les banques centrales pour améliorer l’efficacité des politiques monétaires.

 

  1. Pour mémoire, les pays d’Afrique francophone sont régis dans les accords de coopération monétaire avec la France depuis 1972, ces accords ont été révisés en 1990.





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